Quatres poèmes de Kostas Vasilakos traduits en français par
Paraskevi V. Molari
Introduction:
Kostas Vasilakos, né à Polydendri (Attiki, Athènes) fit sa première apparition dans les lettres néohelléniques en 2012 avec “Debris de pensée” (“Skepsis Thravsmata”), recueil de poèmes reçu avec enthousiasme par le public et la critique littéraire. Suivit “Traversant” [“Peri – diavenontas”] (2013), livre qui dévoila aussi son talent de prosateur, puis “Paroles évadées” (“Loguia Drapetes”) (2015), deuxième recueil de poèmes.
“Debris de pensée” est la fin d’ un parcours de vie, l’ aboutissement d’une marche, l’ accouchement attendu et preparé du vers où viennent chercher refuge les souvenirs du passé.
*enseignante, traductrice, historienne
- Les neiges d’ antan
Nous serrions les mains sur les grilles
car la liberté coulait dans notre sang.
Face au ciel noirci par les faucons,
nos jeunes coeurs aspirant à l’ amour,
cherchant de jolies chansons.
Etudiants. Peu importe
si nos doigts fondaient contre les grilles,
peu importe si nos chairs laissèrent leurs traces
Sur les chenilles.
Aujourd’ hui, libre de te dire “je t’aime”.
Libre de chanter ta beauté comme une révolte.
N’ existerais – je
il suffirait d’un brin de larme
d’un bout de boue
pour faire pousser, faire fleurir la liberté
Un autre y serait pour te dire
“je t’ aime”.
Pareilles les fleurs, le soleil pareil,
de même la croix à l’ épigraphe.
- Le voyage
Tes yeux, des mers me faisant voyager.
Envies, bateau aux voiles hissées
voguant les désirs
sur des itinéraires pêle – mêle.
Accroché sur le mat de ton corps,
à la recherche des traces du rêve opaque.
Tu voyages avec moi
cramponnée à mes épaules, à mes yeux,
à la recherche des sentiers perdus.
Voyage unique sans lignes
Sans eaux usées.
Sillage de l’ âme, flagellation des sens,
Route au sens du vent.
- Poésie
Images de l’ âme ∙ touchant les pages ∙
par des larmes d’ encre ∙ notes de vie ∙
peignant les lèvres ∙ aux couleurs de chagrin ∙
sculpteurs de l’ écriture ∙ lorsqu’ ils
cisèlent les rêves ∙ de pollen d’ abeilles ∙
plumes de la pensée ∙ lorsqu’ elles pêlent
les ankyloses ∙ se servant des verités
pour allume – feu.
- Mes enfants
Loin de dormir,
je garde vos rêves effrayés,
les ombres obstruant votre route,
les cris terrifiant votre journée.
Loin de sourire,
je souffre des épines perçant votre vie
du chagrin qui s’ éprend de votre joie,
de l’ avenir incetrain de votre création.
Loin de déséspérer,
j’ attends que vous engendriez
de chemins vierges,
que vous plantiez des coeurs
sur des regards eprouvés
que vous eclaircissiez l’ obscurité.

