traduits en français par

Paraskevie  Vass. Molari

ΠΑΡΑΣΚΕΥΗΜΟΛΑΡΗ

Enseignante ,   Traductrice ,  Chercheur

En voici quatre nouveaux poèmes ( parmi les plus difficiles et personnels) de Bouras faisant partie de son recueil de poèmes intitulés   «Τρία ΑΛΦΑ, μία ΗΤΤΑ , ένα ΩΜΕΓΑ» qui est toujours en voie de composition..

 

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bouras8auyg2015

“ A l’infini, maintenant”

 

Infatigable , régulier, indestructible

Eternel, infini, interminable,

Spiral galactique, échelle universelle,

Lamentation de coccyx flatteur,

Pause , rejaillissement, restructuration,

Rechargement, recherche du possible,

L’invisible étant effrayant,

Non familier et difficile à résoudre,

Sans retour , sans réserve,

Assuré de ne pas retourner

Au Chaos, aux Ténèbres, à la matrice

De l’Univers

Tu as choisi la lumière

Ne serait-ce que salie

Polluée  par les rapaces

Et les faucons,

Qui ne cessent de chercher proie

Ne saurant comment remâcher

Leur  propre  chair,

Ruminant leur propre coquilles

Alors que leur prétendu profit

S’amortit continuellement

Sous l’inéluctable loi du désordre

Qui noud tout

Sans examen minutieux

Rongeant sans distinction

Injustement les justes

Dans les pinces d’acier

Des géants de la montagne

Quant aux serpents de la colonne vertebrale

Ils suffoquent,  luttant

D’en voir au moins un survivre,

Et les chiens errants

Ont trouvé  pour chef

Un lion sage et intelligeant

Pour les guider

Loin de la rage

Et le vacarme

Des hommes,

Qui mâchent leur chair

La trouvant savoureuse.

Le familier contre l’étrange

L’altérant, le différant,

Le divergeant, le distinct…

A l’infini , maintenant

Diffusé dans la solitude

Afin de retourner sensé

Au désespoir quotidien

Des relations conventionnelles.

 

 

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BOYRAS Konstantinos

“ Rechargement”

 

Fatigués

De pleurer sur notre destinée

Toujours au même ton

Levés et ayant saisi

Le premier morceau

De bois commode,

Nous l’avons gravé, rougi au feu,

Peint

Avec la bénédiction de l’acier

Qui donne naissance à tout

Les rebaptisant

Aux sources

D’une puberté usée,

 

Au  goût de griotte,

Gâteau pour les rhumatismes

Et les artères bouchées….

Et la Mort guette

Sans être vu.

Livrés  à la jeunesse éternelle

On a beau feindre de l’ignorer,

Il finira par avoir sa revenche

Au dernier instant.

Yeux à peine fermés à  jamais

Dernier souvenir de la vue:

Son image

Effacée , elle aussi

Au fil du temps.

L’esprit éternel

L’âme decroissant

Jusqu’à  ce qu’elle soit recyclée

Dans le fourneau

Jamais éteint

De la galaxie borgne.

 

 

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boureik

“En asphodèle”

 

Ajournement de volupté

Abondance des mots

Livrés

Sages, raisonnables,

Et annuels

Ayant évité

La combustion des corps

Bientôt…déclanchement de l’incendie

Avec la fleur de la calendula.

En fleurs rouges Photinia

Se transformeront les asphodèles

Remportés des montagnes

Par des mornes sorcières

Délaissés

A la merci du Temps

Et la colère des éléments…

Servile, je m’en remets

Au néant

Désespéré

Enfermé dans l’évident

Prisonnier de l’irréalisable….

 

Suffocant

Je retourne en asphodèle

Commençant , sans parcimonie,

A  poindre le droit de rejetter la solitude.

Ulcère voyant le jour

Le désir , à la place d’un tourment de jadis…

Galaxie se couchant

 

Dernier crépuscule avant les noces

Avec son didyme [ colosse énergétique].

Le firmament sera fendu par des feux de Béngale

Sous la logique de l’ ordre,

Éclair comptant le Temps

A rebours

Avant de crouler

Dans le tunnel lumineux

D’un présent ineffable.

Prêter attention

Sur quel accent [ quel point, quel  signe de ponctuation]

L’aiguille des minutes s’arrêtera…

 

 

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ΦΙΛΟΣΟΦΩΝΤΑΣΆΝΕΥεξώφυλλο

 

“Graveur de verre”

 

Le livre cercueil de poète-éternisation de poème.

 

Le lendemain

Etre obligé

D’imaginer soi-même

Compter ses propres morceaux

Reprendre ses esprits

Regagner ses intimes

Ou l’amour des décompositeurs.

 

Je fréquente souvent

Les soirées de présentation de livres,

Rarement j’assiste à des funerailles.

Rien que pour m’assurer

D’avoir enterré les ennemis

Et salué les amis . Au revoir.

Sans colère,  ni flatterie,

Comment vivre

Comment nourir

Le verve qui guette

Dans le fumier des taureaux

Qui s’accouplent avec des éléphants.

Faire de la bile une lemonade

De la haine un combustible apparent

Précieux en temps d’austérité.

Le comble de la poésie:

Transformer la vie

En ses contraires,

La mort aussi.

 

Le poème, sommet de l’iceberg

Poète sculpteur de mots.

Artisan de la chair

Ensorceleur  du naturel…

[ tant d’allitérations en grec, intraduisibles,

Dont aucune artificielle]

 

J’ai perdu la cohérence

J’ai perdu la vie

A la recherche de son distillat.

 

Je me mettrai à peindre des cailloux

Avec des aquarelles

Et les jetter à la mer,

Peut-être un jour les trouvera-t-on

Effacés par le Temps,

Sculptés différemment

Par le Temps

Seraient-ils , alors, plus représentatifs pour moi!

 

Aujourd’hui, dans l’hôpital de l’ “ Annonciation”

On m’ a donné les résultats des examens medicaux

D’un diabétique , souffrant des reins,

Vieux cancereux et cardiaque

Ayant le même nom que moi

Prénom de père différent.

Cela pourrait s’ y assortir.

Seul le prénom de la mère d’origine grecque ancienne:

Niki.

Rien que des détails.

 

Les vers sont uniques.

Utilisation  extravagante de la langue.

Peut-être que non.

Patience.  Volupté.  Persévérance.  Persistance.

Bonheur

 

Konstantinos Bouras

www.konstantinosbouras.gr