traduits en français par
Paraskevie Vass. Molari

Enseignante , Traductrice , Chercheur
En voici quatre nouveaux poèmes ( parmi les plus difficiles et personnels) de Bouras faisant partie de son recueil de poèmes intitulés «Τρία ΑΛΦΑ, μία ΗΤΤΑ , ένα ΩΜΕΓΑ» qui est toujours en voie de composition..
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“ A l’infini, maintenant”
Infatigable , régulier, indestructible
Eternel, infini, interminable,
Spiral galactique, échelle universelle,
Lamentation de coccyx flatteur,
Pause , rejaillissement, restructuration,
Rechargement, recherche du possible,
L’invisible étant effrayant,
Non familier et difficile à résoudre,
Sans retour , sans réserve,
Assuré de ne pas retourner
Au Chaos, aux Ténèbres, à la matrice
De l’Univers
Tu as choisi la lumière
Ne serait-ce que salie
Polluée par les rapaces
Et les faucons,
Qui ne cessent de chercher proie
Ne saurant comment remâcher
Leur propre chair,
Ruminant leur propre coquilles
Alors que leur prétendu profit
S’amortit continuellement
Sous l’inéluctable loi du désordre
Qui noud tout
Sans examen minutieux
Rongeant sans distinction
Injustement les justes
Dans les pinces d’acier
Des géants de la montagne
Quant aux serpents de la colonne vertebrale
Ils suffoquent, luttant
D’en voir au moins un survivre,
Et les chiens errants
Ont trouvé pour chef
Un lion sage et intelligeant
Pour les guider
Loin de la rage
Et le vacarme
Des hommes,
Qui mâchent leur chair
La trouvant savoureuse.
Le familier contre l’étrange
L’altérant, le différant,
Le divergeant, le distinct…
A l’infini , maintenant
Diffusé dans la solitude
Afin de retourner sensé
Au désespoir quotidien
Des relations conventionnelles.
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“ Rechargement”
Fatigués
De pleurer sur notre destinée
Toujours au même ton
Levés et ayant saisi
Le premier morceau
De bois commode,
Nous l’avons gravé, rougi au feu,
Peint
Avec la bénédiction de l’acier
Qui donne naissance à tout
Les rebaptisant
Aux sources
D’une puberté usée,
Au goût de griotte,
Gâteau pour les rhumatismes
Et les artères bouchées….
Et la Mort guette
Sans être vu.
Livrés à la jeunesse éternelle
On a beau feindre de l’ignorer,
Il finira par avoir sa revenche
Au dernier instant.
Yeux à peine fermés à jamais
Dernier souvenir de la vue:
Son image
Effacée , elle aussi
Au fil du temps.
L’esprit éternel
L’âme decroissant
Jusqu’à ce qu’elle soit recyclée
Dans le fourneau
Jamais éteint
De la galaxie borgne.
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“En asphodèle”
Ajournement de volupté
Abondance des mots
Livrés
Sages, raisonnables,
Et annuels
Ayant évité
La combustion des corps
Bientôt…déclanchement de l’incendie
Avec la fleur de la calendula.
En fleurs rouges Photinia
Se transformeront les asphodèles
Remportés des montagnes
Par des mornes sorcières
Délaissés
A la merci du Temps
Et la colère des éléments…
Servile, je m’en remets
Au néant
Désespéré
Enfermé dans l’évident
Prisonnier de l’irréalisable….
Suffocant
Je retourne en asphodèle
Commençant , sans parcimonie,
A poindre le droit de rejetter la solitude.
Ulcère voyant le jour
Le désir , à la place d’un tourment de jadis…
Galaxie se couchant
Dernier crépuscule avant les noces
Avec son didyme [ colosse énergétique].
Le firmament sera fendu par des feux de Béngale
Sous la logique de l’ ordre,
Éclair comptant le Temps
A rebours
Avant de crouler
Dans le tunnel lumineux
D’un présent ineffable.
Prêter attention
Sur quel accent [ quel point, quel signe de ponctuation]
L’aiguille des minutes s’arrêtera…
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“Graveur de verre”
Le livre cercueil de poète-éternisation de poème.
Le lendemain
Etre obligé
D’imaginer soi-même
Compter ses propres morceaux
Reprendre ses esprits
Regagner ses intimes
Ou l’amour des décompositeurs.
Je fréquente souvent
Les soirées de présentation de livres,
Rarement j’assiste à des funerailles.
Rien que pour m’assurer
D’avoir enterré les ennemis
Et salué les amis . Au revoir.
Sans colère, ni flatterie,
Comment vivre
Comment nourir
Le verve qui guette
Dans le fumier des taureaux
Qui s’accouplent avec des éléphants.
Faire de la bile une lemonade
De la haine un combustible apparent
Précieux en temps d’austérité.
Le comble de la poésie:
Transformer la vie
En ses contraires,
La mort aussi.
Le poème, sommet de l’iceberg
Poète sculpteur de mots.
Artisan de la chair
Ensorceleur du naturel…
[ tant d’allitérations en grec, intraduisibles,
Dont aucune artificielle]
J’ai perdu la cohérence
J’ai perdu la vie
A la recherche de son distillat.
Je me mettrai à peindre des cailloux
Avec des aquarelles
Et les jetter à la mer,
Peut-être un jour les trouvera-t-on
Effacés par le Temps,
Sculptés différemment
Par le Temps
Seraient-ils , alors, plus représentatifs pour moi!
Aujourd’hui, dans l’hôpital de l’ “ Annonciation”
On m’ a donné les résultats des examens medicaux
D’un diabétique , souffrant des reins,
Vieux cancereux et cardiaque
Ayant le même nom que moi
Prénom de père différent.
Cela pourrait s’ y assortir.
Seul le prénom de la mère d’origine grecque ancienne:
Niki.
Rien que des détails.
Les vers sont uniques.
Utilisation extravagante de la langue.
Peut-être que non.
Patience. Volupté. Persévérance. Persistance.
Bonheur
Konstantinos Bouras
www.konstantinosbouras.gr
